La scène se déroule dans une cave humide et mal éclairée au troisième sous sol d'une importante bâtisse parisienne:
"-Alors, il veut toujours bavarder, Monsieur Boucher...
-Non, Monsieur Giusseppe...
-Il veut toujours dire des méchancetés sur le peuple italien, sur le fait que ce dernier est violent, bête et méchant?
-Non, non. Je dirai plus rien. Vous pouvez m'enlever les pieds de cette marmite de béton, à l'avenir je serai bienveillant avec les habitants de la péninsule.
-Très bien, Monsieur Camille. Vous n'avez pas spécialement envie de vivre un remake de la troisième saison des Soprano dans cette cave?
-Non, Monsieur Giusseppe. Vous pouvez également retirer la pointe de ce fusil à pompe de mon crâne.
-Très bien, alors avant que le match commence, Monsieur Camille, il va dire du bien de l'Italie, de son peuple, et de son gouvernement...
-Je suis réellement obligé... Bon, bon, d'accord, mais demandez à votre pitbull d'aboyer moins fort. Alors, l'Italie est un pays sublime, ses paysages suscitent l'admiration, son peuple est très élevé culturellement, son chef de l'état est un modèle de probité et sait très bien associer la morale à son action politique. De plus les familles que certains mauvais journalistes accusent de se livrer à des activités criminogènes, sont d'honnêtes entrepreneurs, qui ont comme seul défaut, d'être chatouilleux dès qu'il s'agit de concurrence.
-Eh, bien voilà quand il veut, il peut! Alors Monsieur Boucher, il va maintenant dire du bien de la squadra azzurra, et du championnat italien.
-Le championnat italien est le plus grand championnat du Monde. On y voit évoluer de très grands joueurs, et les arbitres ne sont pas succeptibles d'être achetés par des dirigeants de clubs peu scrupuleux. La sélection italienne brille par son palmarès, et son système de jeu, qui privéligie la provocation de l'adversaire et la défense cadenassée (catenaccio)...
-Il va pas recommencer avec ses bêtises, hein, monsieur le Frisé...
-Non, signor Giuseppe, je plaisantais. C'est le simple fait de voir la lame luisante dans l'obscurité du couteau de votre cousin Cesare, qui m'a fait pouffer.
-Okay, c'est bien. Maintenant tu vas dire que la culture et la gastronomie italienne sont les plus élevées au Monde.
-Oui, il est vrai qu'entre la Mozarella, et le Brie de Meaux... Enfin, bref. Non seulement, je vous suis, mais je vous promets de l'écrire sur tous les murs de la capitale.
-Il est bien conscient qu'il ne faut plus qu'il dépasse les bornes, n'est-ce pas, Monsieur Boucher. Il avait bien le droit de faire de l'humour, y compris au second degré, mais il aura pu faire comme on fait toujours en France, se moquer des Africains, des Arabes ou des Juifs, ou même des Roumains, mais railler des Européens qui puis est un peuple fier, ce n'est pas sérieux!
-Vous avez raison, don Giuseppe, quitte à user de la raison pour étaler sa haine de l'humanité, autant le faire comme Finkelkraut, en se tournant vers des populations pauvres et non chrétiennes.
-Il a tout compris ma foi! C'est bon, Paolo, le front de Monsieur Boucher n'a plus besoin d'être éclairé par ce petit point rouge. Relache-le, mais au passage, ramasse les cheveux qu'on lui a rasés.
-Encore une fois, pardon. Il est vrai que j'aime l'ironie et le second degré, mais c'est pas donné à tout le monde d'interpéter...
-Et puis vous êtes de mauvaise foi! Vous savez très bien que les Français ne valent pas mieux que les autres peuples européens!
-Je l'ai dit, mais personne ne m'a lu. Depuis que je sais parler en faisant des phrases, c'est à dire un peu plus de seize ans, je dégueule à la face de ce pays de réacs et de bobos décérébrés!
-Oui, mais bon. Personne ne vous lit de toute façon, sauf quand vous dîtes des méchancetés! Et puis, pour professer une telle haine, vous devez forcément être aigri, frustré, et un peu malhonnête...
-Pas faux, Beppe!
-Alors, désormais, vous apprendrez à tourner sept fois votre langue dans votre bouche avant de causer, hein? L'autodérision vous est permise, mais la diffamation, non... Vous n'êtes pas tout à fait fini, je crois!
-Comme les tomates d'Emilie Romagne, j'ai besoin de mûrir pour m'épanouir, et afficher un teint propre et délicat qui fasse envie aux autres.
-Adepte de la métaphore avec ça. Bon, on va vous laisser maintenant. Le match démarre dans quelques minutes. On va vous détacher de cette chaise et vous rendre vos vêtements.
-Merci, Beppe, vous êtes trop bons!
-Mais, de rien, Monsieur le Hors Piste. Par contre vous excuserez Roberto, il a écrasé vos lunettes par mégarde, vous allez pouvoir rentrer de Denfert-Rocheteau jusqu'aux Buttes Chaumont?
-Mais oui, de toute façon même les lunettes aux yeux, je reste myope comme une taupe. Et puis mes yeux sont habitués à cligner en cours!
-Oh, le jeu de mot! Bravo Mister Boucher. Et encore plus à celui qui le trouvera du premier coup..."
Le repentir, ça a du bon, quand même!
"-Alors, il veut toujours bavarder, Monsieur Boucher...
-Non, Monsieur Giusseppe...
-Il veut toujours dire des méchancetés sur le peuple italien, sur le fait que ce dernier est violent, bête et méchant?
-Non, non. Je dirai plus rien. Vous pouvez m'enlever les pieds de cette marmite de béton, à l'avenir je serai bienveillant avec les habitants de la péninsule.
-Très bien, Monsieur Camille. Vous n'avez pas spécialement envie de vivre un remake de la troisième saison des Soprano dans cette cave?
-Non, Monsieur Giusseppe. Vous pouvez également retirer la pointe de ce fusil à pompe de mon crâne.
-Très bien, alors avant que le match commence, Monsieur Camille, il va dire du bien de l'Italie, de son peuple, et de son gouvernement...
-Je suis réellement obligé... Bon, bon, d'accord, mais demandez à votre pitbull d'aboyer moins fort. Alors, l'Italie est un pays sublime, ses paysages suscitent l'admiration, son peuple est très élevé culturellement, son chef de l'état est un modèle de probité et sait très bien associer la morale à son action politique. De plus les familles que certains mauvais journalistes accusent de se livrer à des activités criminogènes, sont d'honnêtes entrepreneurs, qui ont comme seul défaut, d'être chatouilleux dès qu'il s'agit de concurrence.
-Eh, bien voilà quand il veut, il peut! Alors Monsieur Boucher, il va maintenant dire du bien de la squadra azzurra, et du championnat italien.
-Le championnat italien est le plus grand championnat du Monde. On y voit évoluer de très grands joueurs, et les arbitres ne sont pas succeptibles d'être achetés par des dirigeants de clubs peu scrupuleux. La sélection italienne brille par son palmarès, et son système de jeu, qui privéligie la provocation de l'adversaire et la défense cadenassée (catenaccio)...
-Il va pas recommencer avec ses bêtises, hein, monsieur le Frisé...
-Non, signor Giuseppe, je plaisantais. C'est le simple fait de voir la lame luisante dans l'obscurité du couteau de votre cousin Cesare, qui m'a fait pouffer.
-Okay, c'est bien. Maintenant tu vas dire que la culture et la gastronomie italienne sont les plus élevées au Monde.
-Oui, il est vrai qu'entre la Mozarella, et le Brie de Meaux... Enfin, bref. Non seulement, je vous suis, mais je vous promets de l'écrire sur tous les murs de la capitale.
-Il est bien conscient qu'il ne faut plus qu'il dépasse les bornes, n'est-ce pas, Monsieur Boucher. Il avait bien le droit de faire de l'humour, y compris au second degré, mais il aura pu faire comme on fait toujours en France, se moquer des Africains, des Arabes ou des Juifs, ou même des Roumains, mais railler des Européens qui puis est un peuple fier, ce n'est pas sérieux!
-Vous avez raison, don Giuseppe, quitte à user de la raison pour étaler sa haine de l'humanité, autant le faire comme Finkelkraut, en se tournant vers des populations pauvres et non chrétiennes.
-Il a tout compris ma foi! C'est bon, Paolo, le front de Monsieur Boucher n'a plus besoin d'être éclairé par ce petit point rouge. Relache-le, mais au passage, ramasse les cheveux qu'on lui a rasés.
-Encore une fois, pardon. Il est vrai que j'aime l'ironie et le second degré, mais c'est pas donné à tout le monde d'interpéter...
-Et puis vous êtes de mauvaise foi! Vous savez très bien que les Français ne valent pas mieux que les autres peuples européens!
-Je l'ai dit, mais personne ne m'a lu. Depuis que je sais parler en faisant des phrases, c'est à dire un peu plus de seize ans, je dégueule à la face de ce pays de réacs et de bobos décérébrés!
-Oui, mais bon. Personne ne vous lit de toute façon, sauf quand vous dîtes des méchancetés! Et puis, pour professer une telle haine, vous devez forcément être aigri, frustré, et un peu malhonnête...
-Pas faux, Beppe!
-Alors, désormais, vous apprendrez à tourner sept fois votre langue dans votre bouche avant de causer, hein? L'autodérision vous est permise, mais la diffamation, non... Vous n'êtes pas tout à fait fini, je crois!
-Comme les tomates d'Emilie Romagne, j'ai besoin de mûrir pour m'épanouir, et afficher un teint propre et délicat qui fasse envie aux autres.
-Adepte de la métaphore avec ça. Bon, on va vous laisser maintenant. Le match démarre dans quelques minutes. On va vous détacher de cette chaise et vous rendre vos vêtements.
-Merci, Beppe, vous êtes trop bons!
-Mais, de rien, Monsieur le Hors Piste. Par contre vous excuserez Roberto, il a écrasé vos lunettes par mégarde, vous allez pouvoir rentrer de Denfert-Rocheteau jusqu'aux Buttes Chaumont?
-Mais oui, de toute façon même les lunettes aux yeux, je reste myope comme une taupe. Et puis mes yeux sont habitués à cligner en cours!
-Oh, le jeu de mot! Bravo Mister Boucher. Et encore plus à celui qui le trouvera du premier coup..."
Le repentir, ça a du bon, quand même!

