Romanzo Criminale

Romanzo Criminale
La scène se déroule dans une cave humide et mal éclairée au troisième sous sol d'une importante bâtisse parisienne:

"-Alors, il veut toujours bavarder, Monsieur Boucher...
-Non, Monsieur Giusseppe...
-Il veut toujours dire des méchancetés sur le peuple italien, sur le fait que ce dernier est violent, bête et méchant?
-Non, non. Je dirai plus rien. Vous pouvez m'enlever les pieds de cette marmite de béton, à l'avenir je serai bienveillant avec les habitants de la péninsule.
-Très bien, Monsieur Camille. Vous n'avez pas spécialement envie de vivre un remake de la troisième saison des Soprano dans cette cave?
-Non, Monsieur Giusseppe. Vous pouvez également retirer la pointe de ce fusil à pompe de mon crâne.
-Très bien, alors avant que le match commence, Monsieur Camille, il va dire du bien de l'Italie, de son peuple, et de son gouvernement...
-Je suis réellement obligé... Bon, bon, d'accord, mais demandez à votre pitbull d'aboyer moins fort. Alors, l'Italie est un pays sublime, ses paysages suscitent l'admiration, son peuple est très élevé culturellement, son chef de l'état est un modèle de probité et sait très bien associer la morale à son action politique. De plus les familles que certains mauvais journalistes accusent de se livrer à des activités criminogènes, sont d'honnêtes entrepreneurs, qui ont comme seul défaut, d'être chatouilleux dès qu'il s'agit de concurrence.
-Eh, bien voilà quand il veut, il peut! Alors Monsieur Boucher, il va maintenant dire du bien de la squadra azzurra, et du championnat italien.
-Le championnat italien est le plus grand championnat du Monde. On y voit évoluer de très grands joueurs, et les arbitres ne sont pas succeptibles d'être achetés par des dirigeants de clubs peu scrupuleux. La sélection italienne brille par son palmarès, et son système de jeu, qui privéligie la provocation de l'adversaire et la défense cadenassée (catenaccio)...
-Il va pas recommencer avec ses bêtises, hein, monsieur le Frisé...
-Non, signor Giuseppe, je plaisantais. C'est le simple fait de voir la lame luisante dans l'obscurité du couteau de votre cousin Cesare, qui m'a fait pouffer.
-Okay, c'est bien. Maintenant tu vas dire que la culture et la gastronomie italienne sont les plus élevées au Monde.
-Oui, il est vrai qu'entre la Mozarella, et le Brie de Meaux... Enfin, bref. Non seulement, je vous suis, mais je vous promets de l'écrire sur tous les murs de la capitale.
-Il est bien conscient qu'il ne faut plus qu'il dépasse les bornes, n'est-ce pas, Monsieur Boucher. Il avait bien le droit de faire de l'humour, y compris au second degré, mais il aura pu faire comme on fait toujours en France, se moquer des Africains, des Arabes ou des Juifs, ou même des Roumains, mais railler des Européens qui puis est un peuple fier, ce n'est pas sérieux!
-Vous avez raison, don Giuseppe, quitte à user de la raison pour étaler sa haine de l'humanité, autant le faire comme Finkelkraut, en se tournant vers des populations pauvres et non chrétiennes.
-Il a tout compris ma foi! C'est bon, Paolo, le front de Monsieur Boucher n'a plus besoin d'être éclairé par ce petit point rouge. Relache-le, mais au passage, ramasse les cheveux qu'on lui a rasés.
-Encore une fois, pardon. Il est vrai que j'aime l'ironie et le second degré, mais c'est pas donné à tout le monde d'interpéter...
-Et puis vous êtes de mauvaise foi! Vous savez très bien que les Français ne valent pas mieux que les autres peuples européens!
-Je l'ai dit, mais personne ne m'a lu. Depuis que je sais parler en faisant des phrases, c'est à dire un peu plus de seize ans, je dégueule à la face de ce pays de réacs et de bobos décérébrés!
-Oui, mais bon. Personne ne vous lit de toute façon, sauf quand vous dîtes des méchancetés! Et puis, pour professer une telle haine, vous devez forcément être aigri, frustré, et un peu malhonnête...
-Pas faux, Beppe!
-Alors, désormais, vous apprendrez à tourner sept fois votre langue dans votre bouche avant de causer, hein? L'autodérision vous est permise, mais la diffamation, non... Vous n'êtes pas tout à fait fini, je crois!
-Comme les tomates d'Emilie Romagne, j'ai besoin de mûrir pour m'épanouir, et afficher un teint propre et délicat qui fasse envie aux autres.
-Adepte de la métaphore avec ça. Bon, on va vous laisser maintenant. Le match démarre dans quelques minutes. On va vous détacher de cette chaise et vous rendre vos vêtements.
-Merci, Beppe, vous êtes trop bons!
-Mais, de rien, Monsieur le Hors Piste. Par contre vous excuserez Roberto, il a écrasé vos lunettes par mégarde, vous allez pouvoir rentrer de Denfert-Rocheteau jusqu'aux Buttes Chaumont?
-Mais oui, de toute façon même les lunettes aux yeux, je reste myope comme une taupe. Et puis mes yeux sont habitués à cligner en cours!
-Oh, le jeu de mot! Bravo Mister Boucher. Et encore plus à celui qui le trouvera du premier coup..."

Le repentir, ça a du bon, quand même!

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# Posté le mardi 17 juin 2008 14:26

Year of Tha BOOMERANG

Appeler à la révolution sociale à l'échelle mondiale, tout en étant un salarié choyé par Epic, une maison de disques, filiale de Sony Entertainment, semble être une contradiction criante, que même un esprit aussi faible que Mireille Matthieu pourrait révéler.

Et pourtant, pourrait-on reprocher à des citoyens américains, tels que les gars de Rage Against the Machine, d'aborder dans leurs chansons, une thématique contestataire virulente? Il faut être dans le système pour le faire péter, disent-ils, pour se justifier d'invoquer Karl Marx, tout en pouvant vendre des disques à une échelle industrielle. Si on suit leur raisonnement, Besancenot ne devrait pas désespérer de prendre le pouvoir un jour, pour y établir une démocratie populaire idéale, avec Joey Starr recevant le portefeuille de l'agriculture, et Michel Drucker à la famille et à la vieillesse.

La contradiction, on arrive toujours à s'en accomoder. Alors, critiquer le système capitaliste, tout en profitant de ses antennes pour faire son beurre, n'est pas plus grave que de se raser le crâne pour se faire nattes, ou dans un style tout autre, de s'essuyer les fesses avant de déféquer.

J'avais dit sur un précédent blog dont j'étais le contributeur unique et talentueux, qu'assister à un concert de RATM pourrait me faire entrer dans une dimension d'extase, similaire à celle d'un patron du CAC 40 recevant ses émoluements toujours plus gras, ou à celle d'un Brice Hortefeux ayant expulsé plus de sans papiers que l'année précédente.

Le 4 juin dernier, ce fut chose accomplie, avec à Bercy, le concert de mes américains préférés devant un parterre de jeunes types en keffieh et en pantalons trop larges. J'y étais et j'ai vu, bien que de nombreuses craintes se faisaient ressentir avant le début du show. Qu'est-ce qui a motivé le groupe de nu-metal à se reformer après huit ans de séparation? Les sous? Ce serait moche. L'envie de se retrouver entre copains et de continuer à hulluler des méchancetés contre l'impérialisme, le libéralisme économique, et toutes les injustices, comme l'absence de frites dans les cantines scolaires françaises?

Vers 21 heures 45, la lumière s'éteignit, et je sentis le sol trembler sous mes jambes flageollantes devant tant d'émotions conjugées. L'Internationale en russe se fit entendre, avant que pénétrèrent sur scène les quatre gaillards entonnant le titre"Testify", avec une hargne et une pêche hardues. Que restera-t-il de ce spectacle, à part des tympans crevés, un t-shirt trempé par la sueur, et des yeux tout écarquillés devant les solos de guitare de l'encasquetté Tom Morello? Une impression forte, celle de voir un groupe soudé, à son meilleur niveau, ayant livré une prestation sensationelle, ne laissant même pas présager qu'il y ait pu avoir une séparation de huit années entre les quatre fantastiques du rock qui a encore des choses à dire.

Et puis, il restera aussi une certaine mélancolie. Celle d'avoir été trop loin de la scène, faute d'avoir pu réussir à acheter des places dans la fosse, étant donné que la dizaine de miliers de billets du concert furent acquis le jour de leur mise en vente en l'espace d'une dizaine de minutes. Le souvenir aussi, de ces années d'adolescence turbulente, les années des premiers émois sentimentaux et des boutons sur la gueule, de la gestation dans une banlieue morne, où pour égayer sa vie de lycéen, on écoute de la musique de rebelles à toute berzingue.
Les regrets, trop nombreux, accouchés de cette époque mitigée, remontèrent à la surface tandis que s'enchainèrent tous les titres phares de RATM, bâtards improbables de Led Zeppelin et Public Enemy. Aussi, des fois, on a le regard vide, alors que Zack de La Rocha s'en prend aux fossoyeurs du peuple mexicain, en repensant à ces nombreux moments de solitude ou de joie que l'on a pu avoir en même temps que l'on écoutait les morceaux de Battle of los Angeles ou Evil Empire. On mesure son évolution dans le temps, au contact de la musique, on se souvient de ses bourrelets qui ont quelque peu fondu avec les années et les circonstances, et on ne peut pas s'empêcher de s'interroger sur son propre présent.

Et on se demande si comme le vin en cave, on s'est bonifié, avec l'écoulement incessant des semaines. Faut alors se dire, que comme le groupe jouant sur scène, on a changé un peu, n'hésitant plus sur certains couplets de sa vie comme auparavant, et que même si l'on a acquis certaines certitudes, et plus d'assurance, on reste un peu le même, avec toujours cette rage sourde et cette envie de mordre dans la vie, malgré les circonstances.

On souhaite juste l'espoir et l'utopie d'un meilleur quotidien ne nous ont pas totalement quittés, et que sombrer dans la résignation n'est pas encore envisageable.

Narcissique et égoïste comme on est, comme on vous le répète sans cesse, on se plait à croire, que Rage Against The Machine s'est reformé pour votre seul plaisir, et pour vous confronter de manière la plus violente qui soit avec votre environnement.

C'est pas interdit de se rêver, y compris durant l'année, où des choses s'inversent, this fuckin' year of tha boomerang!
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# Posté le dimanche 15 juin 2008 11:57

Défaisons l'Italien

La mimolette a balayé le roquefort. Autant dire que le déshonneur envahit notre pays depuis la lamentable défaite de l'équipe de France face aux Pays-Bas lors de la phase finale du Championnat d'Europe des Nations.

Quatre but encaissés, une inefficacité offensive consternante, le peuple français massé devant son transistor a découvert que la sélection conduite par Raymond Domenech était bien loin d'être invincible comme elle a pu l'être par le passé. La faute à quoi? Aux vétérans de l'équipe, responsables de mauvais placements défensifs face à l'armada batave surpuissante en contre? Ou aux jeunes, coupables de ne pas montrer devant le but adverse, adresse et réalisme?

On pourra disserter longtemps sur ce qui a conduit l'équipe de France à subir pareil échec, sans précédent depuis cinquante dans une phase finale de compétition internationale. Cependant il reste un espoir, aussi mince que Jane Birkin de se qualifier pour les quarts de Finale. Pour ce, il nous faut battre la sélection italienne, championne du monde en titre, elle aussi mal en point dans cet Euro 2008, ayant effectué jusqu'ici un parcours comparable à celui de la France, en ayant fait match nul face aux laveurs de carreaux roumains(1-1), et en ayant subi une terrible déroute face aux consommateurs de chanvre aux noms imprononçables (0-3).

Pour conserver l'illusion de rester dans la compétition, il faudra donc que les Bleus livrent un match d'anthologie mardi soir prochain contre la Nazionale de Del Pierro et Totti en espèrant que les voleurs de poules ( ou les Roumains comme vous voulez) subissent une défaite face à l'équipe bis des néerlandais. Comment s'armer mentalement et physiquement pour défaire nos ennemis héréditaires transalpins, qui nous ont privés de la Coupe du Monde, il y a deux ans, grâce à une fourberie et une lâcheté vomitive?

Les 23 de Domenech devront être plus vifs, plus réalistes, plus combattifs pour espèrer défaire les Italiens. Il faut aussi apprendre à détester l'adversaire pour être implacable. Malgré quelques esprits confinés dans la bien-pensance soixante-huitarde, le foot ça reste la guerre. Et sur le champ de bataille, il ne faut pas faire preuve de sentiments, ou de philanthropie mal venue. Il faut mettre en exergue toute la rage accumulée pour que l'ennemi gise dans une mare de sang, et fuit comme un lâche devant l'avancée de nos troupes. Parce que l'ennemi est idiot, il croit que c'est nous l'ennemi, alors que c'est lui.

En l'occurence, les italiens s'avèrent particluièrement idiots. Les qualificatifs pour désigner le peuple vivant au delà des Alpes françaises sont tous dépréciatifs. Le peuple italien est décadent, et ne manifeste plus comme aux temps de Dante, des Médécis, ou de Garibaldi, des qualités intellectuelles et héroïques à forcer le respect.
L'italien moyen a remis son destin entre les mains d'un être fantasque, un miliardaire mégalomane, affichant un racisme décomplexé, et ayant accompli une carrière dans les médias, où il a pu allègrement grâce à des jeux télévisés débiles avec filles à poils et présentateurs cocaïnés. Le président du Conseil Italien, Silvio Berluscon(r)i, incarne véritablement la nation italienne, au sens où il affiche une vulgarité qui ferait passer notre président et sa grande guigue aphone, pour un couple de calvinistes rhénans. Sa fortune, ses liens incestueux avec la mafia, son recours maladif à la chirurgie esthétique pour masquer ses soixante dix printemps, et sa désatreuse politique économique et sociale n'ont pas été des facteurs dissuadants pour que le peuple italien lui confie une nouvelle fois les clés du pouvoirs. L'italien manifeste une bigoterie certaine pour les voitures, et pour le Pape, autant dire que ces deux types de dévotions, sont en mesure de révéler une nature profondément défaillante.
Le transalpin moyen a la cervelle ramolie par le climat méditerranéen dans lequel il est confiné, ce qui fait de lui un être vil, acquis à toutes les formes de violence, que constituent le crime organisé et la famille de type patriarcale, où les femmes sont reléguées à la cuisine pour confectionner des pâtes trop cuites trempants dans des sauces tomates infâmes.
Il n'y a qu'à visiter Naples, et voir les orudres s'entasser dans les rues de la ville, pour constater le climat délétère dans la péninsule italienne, et la puissance de sociétés mafieuses dans la vie quotidienne du pays.

Italie, qu'as-tu fait de ta beauté? Dino Risi est mort la semaine dernière, Matroianni aussi, et la splendeur italienne en matière cinématographique les a accompagné dans la tombe. Il n'y a plus qu'à espérer que Nanni Moretti et Begnini, n'aient pas un cancer mal placé, pour que l'Italie n'offre plus rien en matière de cinéma. Le rayonnement culturel de ce pays est décédé, de par la décadence de son peuple, médiocre et impulsif, préférant les sports automobiles et les objets bling-bling qui n'a pas les moyens de s'offrir, à la fréquentation assidue de ses musées et de ses lieux d'histoire.

Les italiens sont donc nuls, comme nous venons de le démontrer après cet exposé brillant, et je mets quinconque au défi, d'y déceler la moindre preuve de mauvaise foi. Les joueurs de l'équipe de France doivent donc être confortés dans l'optique que leur adversaire est défaillant pour pouvoir le battre. D'ailleurs l'Italien ne gagne au football, que grâce à la provocation, et à la tricherie. Le plongeon dans la surface façon Manaudou, pour avoir un Pénalty, l'insulte à la soeur du meneur de jeu adversaire, voilà quels sont les moyens détestables auxquels se livrent les crétins transalpins pour remporter un match.

Alors, mes petits Français, faîtes-moi plaisir, écrasez de manière impitoyable ces roublards en tunique bleue! Montrez-leur, qui sont les maîtres, en dominant cette escouade d'êtres défectueux et confinés dans la sottise! Que la civilisation triomphe de la barbarie, que le fromage au lait cru l'emporte sur le parmesan, que la Patrie des Lumières défasse la Patrie des Ténèbres, que le raffinement gagne sur la vulgarité, que le gaulois africain triomphe du latin lubrique et décérébré, que l'ordre et la justice niquent sa race aux mafieux poilus!

Vive la France! Allez les Bleus! Sinon, c'est Roissy mercredi matin, et autant dire, que si on ne veut pas que l'italien se moque du français, qui est après tout, un être arrogant, sûr de lui-même, avec une âme de colon dès qu'il franchit ses frontières, ébété par la télévision, incarné par un président nullissime, bienveillant devant les uniformes en arme et le pouvoir corrompu, alors défoncez vous, pour que l'on n'ait pas l'air plus con que l'on ne l'est déjà.

# Posté le dimanche 15 juin 2008 10:36

Sobriété

Sobriété
"Comment rester sobre, je suis sombre comme un soir du 17 octobre."

Nick et ses dames.

En feuillettant le dernier numéro de Marianne, j'ai pu comprendre grâce aux conclusions de journalistes et d'enquêteurs sérieux d'où proviendrait le caractère instable du Président de la République française.

Cet homme ne peut rien refuser aux femmes, il est constamment suspendu à leurs lèvres, ébloui par leur grâce et leur charme naturel. C'est vrai qu'entre Christine Boutin, et son crucifix, Christine Lagarde et sa mine de marquise poudrée et Nadine Morano, qui se distingue jour après jour par des saillies d'esprit et des réfléxions géniales du genre "la gauche est du côté des assassins", le Président sait s'entourer de femmes modernes, brillantes, intellectuellement au-dessus de la norme.

Il est vrai qu'on enregistre aussi à ses talonnettes, la présence des élégantes Rachida Dati, Rama Yade, ou encore de la versaillaise branchée adulée par tous les étudiants de France: Valérie Pécresse. Sans oublier sa femme, Carla Bruni, la grande gigue aphone transalpine que le monde entier nous envie.
Alors pour composer son gouvernement, le président a donc cherché à ce que chaque figure féminine en charge d'un ministère ou d'un secrétariat d'état représente à elle-seule un type féminin particulier de la société française.

Rama Yade: Fille d'un ambassadeur sénégalais, elle serait censée représenter une figure de la jeune femme noire des banlieues.

Rachida Dati: Née à Châlon sur Seine, élevée dans une famille de onze enfants, elle a sû grâce à une abnégation continue à devenir magistrate. Prototype de la réussite sociale? Rachida symbolise surtout l'ambition façon Tony Montana, les chicots qui rayent le parquet (pour devenir ministre de la justice c'est plus pratique), la constitution de réseaux efficaces (Madame a d'abord regardé à Gauche avant de s'engager avec le liliputien), et surtout une fois arrivée au sommet vautrage éhonté dans le luxe, avec même un accès réservé et gratuit aux vestiaires des plus grands couturiers, comme le disent les mauvaises langues.

Fadéla Amara : Ancienne présidente de l'association Ni Putes Ni Soumises, Fadéla a hérité d'un secrétariat d'état à la ville, où elle est chargée de la politique dans les banlieuses. Elle se proclame toujours "à gauche", bien que c'est à la droite qu'elle est la plus utile, elle qui a contribué malgré elle, à stigmatiser la figure du jeune mâle des banlieues, violent violeur et islamiste en puissance.

Si toutes ces femmes, sont censées représenter la nation française, c'est se faire une mauvaise idée du genre féminin de notre pays. En vérité le Président n'aime que les ambitieuses, aux dents longues, prêtes à abandonner leurs convictions pour un ministère, et l' amour propre pour les flashs des paparazzis. Le génie de Sarkozy aura été de faire figurer dans son gouvernement trois types de génisses comme on en voit à la Télé ; les vieilles style Arabesque (Boutin, Lagarde), la fille du peuple genre Plus Belle la Vie, (Morano), et des jeunes branchées qui n'ont rien à envier au quator de radasses new-yorkaises de Sex & The City (Yade, Dati, Bruni, Amara).

Restons dans la femme (façon de causer)

Une affaire judiciaire a retenu l'attention des médias cette semaine, l'annulation d'un mariage civil prononcé dans le Nord de la France. Le mari a saisi le tribunal après avoir découvert que sa femme n'était pas vierge, et invoqué un article du Code Civil, selon lequel les époux se doivent de remplir au préalable des conditions qu'ils se fixent pour qu'ils consentent à s'unir. En l'occurence, l'homme voulait que sa femme soit vierge, malheur pour lui, elle ne l'était pas. Quand on a découvert que le marié lésé en question était musulman, les langues se sont visiblement déliées plus facilement pour stigmatiser cette annulation. Du bruit pour rien, si l'on considère que la jeune femme est désormais libre de ses mouvements, et que l'obsédé de l'hymen va pouvoir se trouver une autre fille à la pureté plus solidement établie. Tempête dans un verre d'eau, quand on sait comment cette affaire a mobilisé l'attention du monde médiatique, à une heure où l'émisphère sud voit la silhouette de ses enfants devenir toute maigre, pour ne pas dire famélique.

"Inscrivez Greffier!"

Hamé, du groupe de rap La Rumeur, passait pour la troisième fois en six ans devant un tribunal poursuivi pour diffamation envers la Police Nationale. La plainte du Ministère de l'Intérieur remonte à mai 2002, date à laquelle Hamé publia dans le fanzine de la Rumeur, une tribune au vitriol contre l'hysétérie sécuritaire, à une heure où le Pen et ses thématiques nauséabondes étaient adulées par 20% de nos cons-citoyens. Deux jugements rendus en 2004 et en 2006 ont relaxé Hamé, qui affirmait notamment dans l'article incriminé que "les rapports de police ne feront jamais état de nos centaines de frères morts sous les balles de la police sans qu'aucun des assassins n'ait pu être inquiété." On peut trouver la formule et le calcul outrancier, mais pas irréaliste dans la mesure où le massacre d'Octobre 61 (300 algériens manifestant pacifiquement contre le couvre feu imposé aux français musulmans jetés dans la Seine par la Police: Paris-Plage les débuts), où les nombreuses bavures irrésolues dont été victimes de jeunes des quartiers populaires.
La relaxe a été cassée par la cour de cassation en juin 2007, alors que le plaignant était devenu entre temps Président de la République. L'avocat général a réclamé hier, à l'issue du troisième procès, "une peine significative" à l'encontre d'Hamé. Critiquer les abus de certains policiers est dangereux, de même que rejeter la politique de la République dans ses banlieues. C'est en passe de devenir un délit. Il y a de quoi s'inquiéter si aujourd'hui critiquer les institutions et ceux qui les incarnent, se réduit à ricaner de la psychologie d'un Président, qui ne sait pas, selon les spécialistes interrogés par Marianne, "dominer les femmes".
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# Posté le mercredi 04 juin 2008 05:55

Canapé Rouge

Le camp du progrès et de la révolution internationale a enregistré le ralliement en son sein d'une figure française majeure. Tous les militants fervants, opposés au capitalisme, au colonialisme, au racisme, et à toutes les formes d'oppression, attendaient depuis de nombreuses années que des personnalités de poids les soutiennent dans leurs démarches pour bâtir la meilleure société possible. Des personnes dont le charisme peut contribuer à sensibiliser les masses sur toutes les horreurs que produisent nos gouvernants. Des gens dont la faconde, et les convictions profondes peuvent aider à mettre en place l'édification d'un parti rassemblant en son sein tous les exclus de notre société pour amener le changement et la construction d'une société révolutionnaire, sachant conjuger liberté et égalité, tout en supprimant les formes d'aliénations et de répressions!

Nous sommes tous heureux aujourd'hui d'enregistrer l'arrivée d'un membre de prestige au sein de la mouvance révolutionnaire. Il aime le vélo, les chiennes usagées, les canapés rouges, c'est un modeste salarié sur une grande chaîne publique, d'un caractère irréprochable et sympathique. Oui, Michel Drucker a fait son coming out, c'est un authentique trotskiste, le couteau entre les dents!

Dans son programme phare de divertissement "Vivement Dimanche", où personnalités du spectacle, et de la politique viennent faire leur promotion, Michel joue la connivence avec ces invités, usant à leur égard d'adjectifs qualificatifs susceptibles de gonfler davantage l'égo des personnalités qu'il reçoit. Ce dimanche, il recevait Olivier Besancenot, le porte parole de la ligue communiste révolutionnaire, qui depuis deux élections présidentielles successives capitalise autour de son nom le vote d'un milion de personnes. Figure populaire, et très médiatisée, Olivier n'a pas hésité une seule seconde à aller chez Drucker pour faire sa promo, et aborder des thématiques qui lui sont chères comme la justice sociale et le combat contre le racisme. Ce programme télévisé est d'après lui, un des seuls biais de toucher l'électorat populaire, et de le sensibiliser aux thématiques progressites, en période de contre offensive réactionnaire.
Cet après-midi on a donc vu Olivier nous parler de sa vie de militant, mais aussi de sa vie privée. Entouré de salariés en lutte, de chanteurs engagés, et de collègues de la Poste, Besancenot a joué la même recette qu'il ultilise depuis son irruption sur la scène politique et médiatique, celle du "gentil-facteur-de-la-France-d'en-bas", authentique émanation du peuple gravitant en région parisienne. Un bon gars, qui a une ressemblance troublante avec Tintin, une sorte de gendre marxiste idéal , qui aime jouer au foot avec les collègues de bureau après le travail, et qui s'exprime comme au bistrot, à base de saillies métaphysiques conjuguées de libertés assumées avec la synthaxe. Olivier contribue ainsi à forger sa propre légende, celle du brave militant arc-bouté sur ses convictions, du type proche des gens et de leurs préoccupations.

Ne doutons pas de la sincérité du porte parole de la LCR. C'est un personnage franc, sensible à ce qu'il voit autour de lui, au sort tragique que réserve le néo-libéralisme et ses complices objectifs au pouvoir contre les classes défavorisées. Il est témoin, en tant que banlieusard et parigot, qu'il vaut mieux ne pas avoir affaire à la police quand on a le teint mate. C'est au sujet de sa démarche que l'on peut se poser des questions.
Avoir recours aux médias, pour faire passer ses idées, pourquoi pas. Aller contre le consensus qui prévaut actuellement en matière économique et sociale, c'est courageux et nécessaire.
Le risque pour la gauche de la gauche, celle qui a encore un peu d'idées et d'honneur, c'est de se faire piéger par cette médiatisation. Les médias n'aiment pas les idées d'Olivier, ils aiment seulement ce qu'il représente. Une sorte de contre-poids nécessaire, et rien d'autre. Une "nouvelle Arlette" en quelque sorte. On l'écoute, on le trouve sympa, authentique, mais en dehors de ça, on ne fait pas attention aux solutions qu'il propose. Ou alors quand on les écoute, on les caricature, les déforme, et on en profite pour le faire passer aux yeux de la population comme un néo-khmer rouge islamiste avide de sang bourgeois (plus riche en protéines).

En allant chez Drucker, Besancenot prend le risque de s'enfermer dans un rôle peu honorable. Sans compter que Drucker contribue à travers ses programmes à ce que l'on appele "la pipolisation" de la vie politique. En gros, il n'y a plus d'idées, seulement des gens sympas, importants et influents mais avec les mêmes préoccupations que tout le monde. Comme si un candidat à la présidentielle qui paye l'ISF, partageait les mêmes angoisses qu'une caissière ou un chômeur en fin de droits. Certes, Besancenot ne paye pas l'ISF, et dès qu'il fait le malin en se mettant en grève, on lui retire de son salaire les jours où il va hurler au mégaphone entre Bastille et Nation. Mais pourquoi diable cherche-t-il à user des mêmes moyens que ses adversaires politiques pour bien se faire voir des français? Pourquoi utilise-t-il des mêmes codes et du même registre émotionel que les professionnels de la politique, pour récolter des voix dans l'électorat?

Comme affirmé auparavant, les médias sont tenus par des industriels, ou des personnes proche des cercles politiques acquis au libéralisme économique et à des thèses réactionnaires. Pourquoi faire confiance à ces gens là quand ils nous tendent la main pour mieux nous poignarder, une fois le dos tourné?

Drucker a été sensible lors de l'émission, lorsqu'une ancienne salariée de Reynolds invité par Besancenot et qui fut victime d'un plan social, fit le récit de sa tragique expérience. Qui ne le saurait pas, du moment où on est un peu sensible au sort d'autrui? Notre aimable animateur dominical va-t-il pour autant s'engager pour faire cesser l'horreur économique? Va-t-il pour autant cesser de tutoyer Sarko, et d'agiter la brosse à reluire devant les puissants? N'a-t-il pas cherché en invitant Besancenot, à recevoir un bon client pour l'audimat, plutôt qu'à poser de véritables questions sur le monde qui nous entoure. Objectif qui n'est pas celui de son émission divertissante et consensuelle.

Devant tant d'interrogations, on est en droit de se demander quelle sera la prochaine étape dans la consolidation de la "marque Besancenot". Besancenot à la "Star Ac"', chantant en Duo, l'internationale, façon Ragga avec son pote Joey Starr? Besancenot, invité de "100% Foot", où il pourra faire prévaloir de son analyse sur les derniers résultats de Lyon, tout en appelant au soulèvement des masses. Ou encore Besancenot, commenteur cycliste, en marge du Tour de France, après tout en tant que facteur, il doit en connaître un rayon
niveau bicyclette (cherchez le jeu de mot).

Et s'il renonce à ses engagements, le verra-t-on se joindre à Sarkozy et Drucker, qui par le passé, aimaient faire des ballades en vélo dans le bois de Boulogne?

En attendant, s'il en est, qui n'est pas près de renoncer à ouvrir sa grande gueule, c'est bel et bien Ekoué, du groupe la Rumeur, dont je vous présente dans la vidéo ci-contre, l'extrait de son premier street album, sobrement intitulé "Sous les Pavés la Rage". Avis aux amateurs.

# Posté le dimanche 11 mai 2008 11:18