Tu croyais habiter dans un quartier calme, où les communautés cohabitent pacifiquement entre elles.
La fenêtre de ta chambre donne sur un parc, c'est agréable l'été, au saut du lit de sortir sur le balcon et d'entendre tousser les oiseaux.
Tu t'es trompé, pauvre bille. Il est vrai que ton parc, bucolique et romantique à souhait peut évoquer une production, style Blanche-neige et les sept Sarko nains. On y voit les amoureux se déposer maints baisers à la belle saison, les oiseaux copuler dans les arbres, et les enfants courir dans l'herbe avec dans les yeux l'insouciance inhérente à l'âge où la surface du corps n'est pas recouverte de poils.
Erreur fatale, l'ami. Tu te pensais chez Disney, mais au bout du compte tu vis dans la Cité de Dieu.
Rappel des faits:
Il y a deux mois, sous mes fenêtres, une grand mère se retrouvait avec un couteau de boucher en plein sternum, après avoir refusé de donner son sac de retraité à une espèce de petite frappe au courage prononcé.
Le tout en plein après-midi, la sous-merde en survêt et baskets n'a pas attendu que la nuit tombe pour commettre son forfait.
Samedi soir dernier, c'est rue Petit, située à quelques minutes de mon domicile, que s'est produite une agression antisémite particulièrement violente, un lynchage avec bar de fer inclus, contre un jeune de dix sept printemps. Là encore, on peut dire que c'est bien une certaine idée du courage qui guide les trous du cul à agir de la sorte.
Une favela, mon tier-quart, avec de l'hémoglobine sur l'asphalte, des petites frappes agissant dans l'ombre, et des bagarres à caractère ethnico-religieux, dont les médias et les gens mal intentionnés sont si friands.
Et je ne mentionne pas les voitures calcinées rue Fessart! Au mois de Mars dernier, une rangée de bagnoles stationnées à un mètre d'immeuble prit feu, et il s'en fallut de peu que l'incendie ne se propagea contre les fenêtres des appartements situés juste à côté. La façade calcinée du lotissement porte encore les stigmates du feu, et révèle au chaland qui vient essuyer ses chaussures dans le quartier, qu'il vient de pénétrer dans une zone foutrement sensible.
Oui, pauvre bille, toi qui voulais de l'adrénaline, et de la matière réelle pour composer tes fictions noires, te voilà servi. Pas besoin d'aller respirer l'air d'Aubervilliers ou de Villiers le Bel pour te retrouver dans ce que l'on appele "une zone de non-droit". Sors de chez toi, et tu as un condensé de violence ordinaire. Larcins, rondes de flics incessantes, arrestations d'enfants sans papiers avec usage de bombe lacrymogène (au cas où les lardons dans les poussettes manifesteraient leur désaccord avec la politique d'immigration d'herr Hortefeux), bagnoles cramées, dealers de came, escrocs en tout genre, vous êtes gentils, messieurs les Rappeurs, mais vous n'avez pas le monopole du chaos sous vos fenêtres!
Ah, c'est sûr, heureusement qu'il y a des bobos friqués à la niaiserie affichée, pour tempérer un peu l'ambiance délétère qui règne dans cet arrondissement. Quoique, on m'a signalé, il y a quelques jours, que ces personnages prospères en pantalon de lin, en seraient venus à s'affronter à la sortie d'un Sushi West de l'avenue de la Porte Chaumont. Le motif de la discorde portait sur le dernier David Lynch, que certains honnissaient tandis que les autres en faisaient grand cas. Bref, plus rien ne va entre ces murs, ça sent le souffre, on entend les balles siffler de nos appartements, et nos fiers flics sont débordés. La cocotte minute ne demande qu'à exploser, et bientôt ce quartier sera classé au hit-parade des zones sensibles.
Plus sérieusement, on peut regretter que dans Paname comme ailleurs, le communautarisme, et l'appât du gain, fassent régner leurs impitoyables lois. On n'est pas encore dans GTA IV, mais force est de constater que l'américanisation de la société française dans son expression la plus violente, symbolisée entre autres par la présence de Sarko Montana à l'Elysée, est plus que déplorable, quand on sait que ce que ce qui faisait la force de ce quartier populaire était la solidarité entre ses habitants quelque soit leurs origines.
La fenêtre de ta chambre donne sur un parc, c'est agréable l'été, au saut du lit de sortir sur le balcon et d'entendre tousser les oiseaux.
Tu t'es trompé, pauvre bille. Il est vrai que ton parc, bucolique et romantique à souhait peut évoquer une production, style Blanche-neige et les sept Sarko nains. On y voit les amoureux se déposer maints baisers à la belle saison, les oiseaux copuler dans les arbres, et les enfants courir dans l'herbe avec dans les yeux l'insouciance inhérente à l'âge où la surface du corps n'est pas recouverte de poils.
Erreur fatale, l'ami. Tu te pensais chez Disney, mais au bout du compte tu vis dans la Cité de Dieu.
Rappel des faits:
Il y a deux mois, sous mes fenêtres, une grand mère se retrouvait avec un couteau de boucher en plein sternum, après avoir refusé de donner son sac de retraité à une espèce de petite frappe au courage prononcé.
Le tout en plein après-midi, la sous-merde en survêt et baskets n'a pas attendu que la nuit tombe pour commettre son forfait.
Samedi soir dernier, c'est rue Petit, située à quelques minutes de mon domicile, que s'est produite une agression antisémite particulièrement violente, un lynchage avec bar de fer inclus, contre un jeune de dix sept printemps. Là encore, on peut dire que c'est bien une certaine idée du courage qui guide les trous du cul à agir de la sorte.
Une favela, mon tier-quart, avec de l'hémoglobine sur l'asphalte, des petites frappes agissant dans l'ombre, et des bagarres à caractère ethnico-religieux, dont les médias et les gens mal intentionnés sont si friands.
Et je ne mentionne pas les voitures calcinées rue Fessart! Au mois de Mars dernier, une rangée de bagnoles stationnées à un mètre d'immeuble prit feu, et il s'en fallut de peu que l'incendie ne se propagea contre les fenêtres des appartements situés juste à côté. La façade calcinée du lotissement porte encore les stigmates du feu, et révèle au chaland qui vient essuyer ses chaussures dans le quartier, qu'il vient de pénétrer dans une zone foutrement sensible.
Oui, pauvre bille, toi qui voulais de l'adrénaline, et de la matière réelle pour composer tes fictions noires, te voilà servi. Pas besoin d'aller respirer l'air d'Aubervilliers ou de Villiers le Bel pour te retrouver dans ce que l'on appele "une zone de non-droit". Sors de chez toi, et tu as un condensé de violence ordinaire. Larcins, rondes de flics incessantes, arrestations d'enfants sans papiers avec usage de bombe lacrymogène (au cas où les lardons dans les poussettes manifesteraient leur désaccord avec la politique d'immigration d'herr Hortefeux), bagnoles cramées, dealers de came, escrocs en tout genre, vous êtes gentils, messieurs les Rappeurs, mais vous n'avez pas le monopole du chaos sous vos fenêtres!
Ah, c'est sûr, heureusement qu'il y a des bobos friqués à la niaiserie affichée, pour tempérer un peu l'ambiance délétère qui règne dans cet arrondissement. Quoique, on m'a signalé, il y a quelques jours, que ces personnages prospères en pantalon de lin, en seraient venus à s'affronter à la sortie d'un Sushi West de l'avenue de la Porte Chaumont. Le motif de la discorde portait sur le dernier David Lynch, que certains honnissaient tandis que les autres en faisaient grand cas. Bref, plus rien ne va entre ces murs, ça sent le souffre, on entend les balles siffler de nos appartements, et nos fiers flics sont débordés. La cocotte minute ne demande qu'à exploser, et bientôt ce quartier sera classé au hit-parade des zones sensibles.
Plus sérieusement, on peut regretter que dans Paname comme ailleurs, le communautarisme, et l'appât du gain, fassent régner leurs impitoyables lois. On n'est pas encore dans GTA IV, mais force est de constater que l'américanisation de la société française dans son expression la plus violente, symbolisée entre autres par la présence de Sarko Montana à l'Elysée, est plus que déplorable, quand on sait que ce que ce qui faisait la force de ce quartier populaire était la solidarité entre ses habitants quelque soit leurs origines.
